Au-delà de l’individualisme

francis bacon autoportrait 2

L’individu n’existe pas.

Il n’est qu’une catégorie abstraite de la pensée, une réduction commode.

Poser l’individu comme une réalité revient à séparer la conscience du monde, à isoler les êtres, à entériner définitivement le divorce de la pensée et de l’action.

Il n’y a pas d’individu, il n’y a que des existences entremêlées, des liens tissés entre les êtres, qui sont faits de la même étoffe que le monde dans lequel ils vivent, auquel ils prennent part.

L’homme n’est pas seulement un individu rationnel, qui choisit et oriente sa vie rationnellement, de manière prédéfinie. Il est surtout un être de sentiments, d’émotions, d’affects, qui s’efforce de penser et de mettre un peu d’ordre, mais dont l’effort est le plus souvent balayé à la moindre confrontation avec le réel, à l’heure du choix qui engage.

Il faut donc sortir de l’individualisme et de son cortège d’égoïsme et d’intérêt. L’homme est un être de flux, d’échange, de don, qui ne peut se trouver qu’en se perdant, qui ne peut être heureux qu’en donnant, en se donnant.