Quel fiasco !

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Comment ne pas éclater de rire, d’un rire tonitruant, dévastateur, en regardant ce qu’il se passe ? Comment ne pas tomber dans un cynisme froid pour ne pas succomber au désarroi le plus profond, quand s’étale devant nous le spectacle obscène de « représentants du peuple » qui ne représentent qu’eux-mêmes ?

Que dire ?

Que nous y sommes. Que la France, c’est plus fort qu’elle, s’écroule et se fissure au moment même où on attend d’elle une solidarité compacte, un bloc indivisible qui lui permette de surmonter la tempête, de naviguer entre les récifs. La France, ce frêle esquif…

Mais est-ce la France qui se déchire sous nos yeux ?

Non. Ce sont « les représentants du peuple ». Ou voyez-vous les querelles idéologiques rampantes, les enjeux immenses quant à la suite de l’élection de M. Copé ou de M. Fillon à la tête de l’UMP ? Dans la rue ? Dans le métro ? Au travail ? A la maison ? Tout au plus quelques débats sur les différences de celui-ci ou de celui-là. Fillon plaira plus à grand-mère, tandis que son petit-fils préfèrera Copé.

La politique est-elle devenue un spectacle, seulement un spectacle ?  Nos « représentants » sont-ils désormais tous les soirs en représentation ? La politique est-elle à ce point vide, morte, inefficiente, qu’elle trouve dans le divertissement le seul moyen de se reconvertir ? Que font tous les soirs ces hommes politiques chez Denisot, chez Ardisson, chez Ruquier, incapables de développer un raisonnement sans être interrompus par un chroniqueur dont la culture politique et les questions avoisinent le niveau de la mer ? Qu’y font-ils, si ce n’est se construire un patrimoine médiatique dont les actifs sont politiques ?

Je pourrais poser la question : comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Mais pour se la poser, il faut d’abord être choqué. Car c’est choquant. Que des hommes politiques puissent à ce point se battre pour être chefs de parti, que cette joute se déroule sur les plateaux de télévision, signifie désormais clairement que derrière cette mascarade se dissimule tout un système qui, par ses rouages, fait accéder aux plus hautes fonctions de l’exécutif. Oui, derrière 75 000 militants, derrière un sourire à Mouloud se niche très probablement le successeur de Saint-Louis, de Louis XIV, de Napoléon, de Clémenceau, de De Gaulle.

Alors que faire ?

Ne tombons pas dans une logique de bouc-émissaire. La quasi-totalité des hommes sont le produit de leurs institutions. Alors, changer le système ? Acter l’obsolescence de nos institutions ? Repenser une façon de faire de la politique ?

En attendant, écrivons, discutons, échangeons…mais ne nous résignons pas, car c’est le meilleur moyen d’arriver là où nous en sommes : une démocratie sans peuple.