Le Deuxième souffle, de Jean-Pierre Melville (1966)

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Gustave Menda, dit Gu (Lino Ventura) s’évade de prison à l’aide de deux complices, qui, une fois dehors, disparaissent aussitôt qu’ils sont apparus à l’écran. Gu s’en va rejoindre Manouche (Christine Fabrega), son amie, maîtresse femme qui tient le bar parisien de Jacques le Notaire. Le soir de l’évasion du Gu, Jacques le Notaire périt dans un règlement de compte orchestré par Jeannot Franchi et les frères Ricci, des gangsters rivaux. Manouche en réchappe grâce à son barman et garde du corps Alban (Michel Constantin) mais elle est dès lors poursuivie par ses agresseurs et surveillée de près par la police, menée par le perspicace Commissaire Blot (Paul Meurisse). La traque se resserre donc sur Gu qui goute à peine à la liberté qu’il se retrouve embarqué dans une autre histoire…

Le Deuxième Souffle est le deuxième polar en noir et blanc de Melville après Bob le flambeur (1955). On retrouve cette atmosphère si particulière où s’esquisse déjà tout l’univers de ses futurs films : personnages solitaires et sans concession, narration très épurée, dialogues minimalistes, sens extrême du détail. Le monde est moins régi par la loi que par un code de l’honneur qui vaut plus que la vie : d’un côté les héros qui y souscrivent et qui s’y reconnaissent, de l’autre ceux qui le négligent et finiront, indignes, par en payer les conséquences. Gu, comme le héros melvillien en général, est d’une fidélité sans faille à ses principes, il avance tragiquement vers son destin, choisissant toujours de persévérer dans son être.

Chaque geste, chaque action sont réduits à l’essentiel. Ils ne sont que des interstices dans ce silence englobant, hypnotique. La tension du film monte au fur et à mesure que Gu s’engonce dans la toile de Blot (un très grand Paul Meurisse) et culmine avec la scène du hold up, incroyablement haletante, précise, économe, efficace.

Film le plus diurne de Melville, qui déambule souvent dans un univers nictalope, Le Deuxième Souffle est un chef d’œuvre qui atteint enfin le grand public à sa sortie et révèle un metteur en scène extrêmement méticuleux, un directeur d’acteurs très (trop ?) exigeant (Ventura s’en souviendra), un précurseur qu’on sait déjà dévoué corps et âme à son cinéma.

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