L’engagement politique

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Est-il devenu plus difficile aujourd’hui qu’hier de s’engager politiquement ? La jeunesse est-elle plus individualiste, moins concernée ou est-ce le monde qui a changé, rendant par la même les structures traditionnelles de l’engagement brouillées, inopérantes ?

Ce qui rend à mon sens l’engagement politique moins évident aujourd’hui, c’est en quelque sorte l’absence de choix que nous avons. Hier, la République s’opposait à la monarchie, l’économie de marché à l’économie étatique et planifiée. Des visions de l’homme totalement différentes impliquaient des programmes radicalement opposés qui touchaient à l’intime. Ainsi compris, l’engagement politique englobait l’instinct le plus brut comme la métaphysique la plus profonde.

Aujourd’hui, l’alternative a disparu. L’économie de marché n’est plus remise en question (ou seulement à la marge) et prend le pas progressivement sur l’initiative politique. Certes, la mondialisation ne se déploie pas sans anicroche mais personne aujourd’hui ne remet en cause le mouvement d’unification du globe par le marché et par la diffusion progressive des droits de l’homme. L’horizon du monde n’est pas fragilisé aujourd’hui par une grande puissance qui veut imposer un contre-modèle. Bien au contraire, nous allons vers de plus en plus d’interdépendance et vers une concurrence de plus en plus forte entre des pays fondamentalement solidaires. Bien sûr, l’équilibre est fragile : il existe des tensions fortes, exacerbées par ce mouvement d’unification et d’uniformisation qu’opère la mondialisation. Ce processus est toujours à parachever, mais les bases sont suffisamment solides pour que l’édifice ne s’écroule pas.

C’est à quoi se résume aujourd’hui l’engagement politique : tenter d’atténuer les contradictions d’un système qui, lui, n’est pas contredit. Certes, la fin du XXème siècle a vu émerger l’idéologie écologique, qui a promu une vision du monde radicalement autre. Mais ce qui devait être une révolution s’est en réalité muée en transition. Et l’écologie, qui se voulait une alternative au capitalisme, a été absorbée par ce dernier.

Voilà ce qui explique en partie le malaise politique actuel. La politique a cessé (momentanément ?) de présider aux destinées du monde. Elle est devenue une science, une technocratie peuplée d’experts dont l’objet est de perfectionner un système déjà-là. Accaparée par les partis politiques, rampes de lancement pour les politiciens professionnels, elle relève aujourd’hui d’un débat sur les moyens plutôt que d’un débat sur les fins du système en place.

Mais l’engagement désintéressé, purement politique, lui, ne disparait pas. Les associations, les réseaux et les blogs prolifèrent qui jaunissent l’étiquette individualiste souvent collée au front des générations nouvelles. Les hommes s’expriment, se préoccupent des autres et désirent s’engager, mais de plus en plus loin des structures traditionnelles. Nous assistons peut-être à une grande révolution : et si la véritable politique se trouvait hors des partis politiques ?

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