Pourquoi l’Europe ?

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En réfléchissant sur l’actualité italienne, il m’est venu la question suivante : pourquoi l’Europe ? Quand tant de mesures politiques draconiennes se justifient au nom de l’Europe et sont commentées ou retoquées par des technocrates non élus mais nommés, le réflexe naturel est de haïr la cause, où ce qu’on nous désigne comme la cause, de tous nos maux.

Pourquoi l’Europe ?

Si je veux l’Europe, si je suis européen, c’est d’abord parce que je pense que les pays européens ont plus de convergences que de divergences et que dans le monde actuel, il est nécessaire qu’ils s’allient et surmontent leurs différends.

Si je veux l’Europe, c’est que je veux que sa voix porte. Une voix nuancée, garante du pluralisme, de la diversité des cultures, une Europe qui aura appris de son Histoire et ne tentera pas d’imposer unilatéralement son modèle, comme elle a tenté de le faire auparavant.

Une Europe solidaire du modèle américain mais qui sache lui dire non, qui sache opposer un refus catégorique à la politique extérieure américaine quand celle-ci répand la terreur au nom des Droits de l’Homme. Une Europe qui serait la garante d’un monde pluriel, multipolaire, et empêcherait à tout prix le clash des civilisations, qui n’est que la rhétorique de la frange néoconservatrice américaine pour répandre son idéologie sur le monde. Une Europe qui se serait donc démarquée de la face noire des Droits de l’Homme qu’elle a pourtant engendrés, qui consiste à croire que chaque homme est le même, indépendamment de son histoire, de son lieu de naissance, de sa civilisation et qu’il doit être ainsi assujetti à la démocratie à l’occidentale, et ce quel qu’en soit le coût.

Le temps est venu que cette Europe là s’affirme, et s’affirme d’abord contre les Etats-Unis, qui la voient désormais d’un mauvais œil après l’avoir encouragée. L’Europe a son mot à dire sur la scène internationale. La prédominance de la politique extérieure américaine n’est pas une fatalité. Unie, ne l’oublions pas, l’Europe est la première puissance mondiale.

Le chemin est long, très long pour y parvenir. Ma vision est d’ailleurs certainement utopique. Mais l’Europe et ses citoyens ne peuvent se dispenser d’une telle réflexion. A la vitesse à laquelle se succèdent les événements dramatiques, on ne peut plus éluder ce questionnement fondamental. L’Europe a besoin de sens et de vie. Elle reste un magnifique projet, mais qui doit être totalement repensé. Bâtir le plus grand marché commun du monde n’apporte aucun sens. Exporter fièrement un matérialisme où une consommation démente s’exhibe comme le plus haut degré de la liberté est absurde, et rebutant. L’Europe doit être capable de se penser, de revenir puiser dans ses racines pour ne pas se haïr et échapper à ce présent mortifère…

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L’avertissement italien

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Le résultat des élections italiennes est sans appel : la classe politico-médiatique au pouvoir est totalement discréditée. En faisant du Mouvement 5 Etoiles le premier parti politique transalpin et en portant Silivio Berlusconi bien plus haut que les média ne le voulaient, les italiens ont voulu adresser un message ferme.

Les différentes politiques d’austérité, le sang, la sueur et les larmes promis par Monti n’ont eu pour conséquence que d’aggraver le chômage et de précipiter la récession. L’échec de Monti, c’est l’échec de l’Union Européenne qui promeut la rigueur mais n’apporte aucun cap, aucune solution palpable. C’est l’échec du « toujours plus d’Europe », ultime justification à toute mesure promulguée mais qui ne s’accompagne jamais de la question politique pourtant fondamentale : « Quelle Europe veut-on ? ».

Quelle Europe veut-on ?

Une Europe qui ne soit qu’un marché commun qui respecte à la lettre les principes édictés par l’OMC, quitte à se faire prendre ses marchés publics par des entreprises étrangères et à perdre ses emplois ? Ou une Europe qui assume enfin que les autres acteurs de la mondialisation trichent au libéralisme en subventionnant à tout va, en réservant leurs marchés publics et en régulant drastiquement leur immigration ? Une Europe de la concurrence ou une Europe qui se donne les moyens d’une véritable politique industrielle ?

Quelle Europe veut-on ?

Une Europe-passoire ou une Europe qui protège et qui s’assume politiquement en fixant un cap clair ?

Une Europe où la décision descend du beffroi bruxellois jusqu’aux confins de ses provinces ou une Europe où les provinces remontent progressivement la décision jusqu’à l’échelon le plus apte à la prendre ?

En d’autres termes, une Europe qui s’organise de haut en bas, selon un principe jacobin, en niant toutes ses particularités locales ou une Europe qui s’organise de la base au sommet, selon le principe de subsidiarité ?

Une Europe gouvernée par des élites non élues ou une Europe responsable sur le plan politique et porteuse ainsi d’un véritable projet de civilisation ?

Quelle Europe veut-on ?

L’avertissement italien est clair, net et doit être audible : il faut plus de politique, plus de vérité. Il faut un cap et de la considération, de l’écoute. L’Europe n’est pas une fin en soi, elle fut et reste une volonté des peuples.

Plein soleil, de René Clément (1960)

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Tom Ripley (Alain Delon) dit être engagé par un milliardaire américain, M. Greenleaf, pour faire revenir son fils Philippe (Maurice Ronet) à San Francisco. Ce dernier se prélasse trop longtemps à son goût sur la côté méditerranéenne avec sa maitresse Marge (Marie Laforêt). Tom passe alors tout son temps avec Philippe et se fait passer pour un de ses amis d’enfance auprès de Marge, lorsqu’ils partent en direction de Taormina sur le voilier de Philippe. Il profite du débarquement de Marge après une dispute avec Philippe pour le tuer, et usurpe progressivement son identité…

Plein soleil est le film qui engendrera la naissance du mythe delonien. Plein soleil, comme le soleil qui s’écrase sur les vagues de la méditerranée et terrasse d’une insolation Tom. Plein soleil, comme la personnalité de Philippe, resplendissante, futile, superficielle, toujours dans l’éclat d’un beau geste et qui fascine tant Tom. Plein soleil, comme ce luxe effarant dans lequel les personnages évoluent et qui éclabousse l’écran. Mais Plein soleil, surtout, comme la beauté solaire de Tom et de son interprète, mirage qui trouble ceux qu’il côtoie, et les brûle, jusqu’à les déposséder d’eux-mêmes. Quand Tom imite Philippe devant la glace, emprunte sa voix et ses mimiques pour parler à Marge, il en devient inquiétant. Sans réel intérieur, il est ce qu’il paraît, il est cet extérieur éblouissant qui fascine et pousse l’autre à se livrer, à se déposséder malgré lui.

Thriller mythique tant pour son cadre, la méditerranée, que pour le jeu de ses acteurs (Ronet et Delon retrouveront d’ailleurs la même relation dans la Piscine, dix ans plus tard, où la fascination qui ne trouve que mépris pousse au meurtre), Plein Soleil demeure intemporel et reste, selon Patricia Highsmith, auteur du roman qui a inspiré le film, la meilleure de ses multiples adaptations cinématographiques.

Monsieur Klein, de Joseph Losey (1976)

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Robert Klein (Alain Delon) est un marchand d’art parisien qui s’enrichit sans scrupules sous l’Occupation. Alors que certains sont obligés de vendre ce qu’ils ont de plus précieux pour survivre, lui, qui n’est « pas obligé d’acheter », achète à prix bradés. Cependant, un autre Robert Klein, homonyme qui semble être un juif désireux d’échapper à l’imminente rafle du Vel d’Hiv, usurpe son identité et le compromet avec les autorités françaises : Robert Klein-Delon va devoir affronter ce « double » d’autant plus gênant qu’il demeure introuvable…

Monsieur Klein est un film sur la recherche de l’identité, du double qui décrit également une époque et un milieu où régnait une indifférence froide, presque inhumaine. Losey nous plonge d’emblée dans le malaise lors de la scène d’ouverture du film, qui voit une femme se faire ausculter tel un animal dans un cabinet médical. Le docteur cherche à établir ou non sa judéité par des critères morphologiques. Le diagnostic tombe : « un cas douteux ».

Un cas douteux. Comme tous les personnages du film, au premier rang desquels Robert Klein. Cet amateur et marchand d’art vit dans l’indifférence la plus totale à la souffrance des autres. Quand un vendeur juif (Jean Bouise) est contraint de se séparer d’un tableau du hollandais Von Ostade, Klein lui propose un prix ridicule. L’autre, qui n’a pas le choix, accepte. C’est l’élément perturbateur, le début de la tourmente de Klein-Delon. Alors qu’il raccompagne le vendeur à la porte, il aperçoit sur son paillasson un journal, Les Informations juives. Persuadé d’une erreur, il se rend aux bureaux du journal et apprend qu’il en est abonné puis que la liste des abonnés est également transmise à la préfecture. Il comprend alors que quelqu’un, probablement juif, et qui s’appelle Robert Klein, utilise son identité comme un paravent pour s’adonner à des activités de Résistance. Commence alors l’enfer dans lequel se jette à corps perdu Robert Klein-Delon : en recherchant de plus en plus activement son « double », il s’identifie aux yeux des autres avec lui et apparaît progressivement comme  juif. De victime, il devient suspect. Alors qu’il tente désespérément de prouver qu’il est un « bon français qui croit aux institutions de son pays » par des certificats de naissance, il est soupçonné d’être un juif en cavale. Pourtant, il n’y a pas d’erreur possible selon son père : « catholique alsacien depuis l’époque de Louis XIV », il n’a aucune inquiétude à avoir… même s’il existe bien une branche juive de la famille en Hollande. Plus il cherche, plus il se perd. Plus il perd cette apparence lisse et respectable de bourgeois cultivé, plus il perd cette indifférence et ce mépris qui l’ont toujours affecté. Plus il ressemble à celui qu’il pourchasse : « Même taille… Mêmes cheveux… Aussi mince… La même allure, quoi ! » lui apprend la concierge de l’immeuble où son homonyme se cacherait. Et quand un appel au restaurant l’informe que son homonyme l’attend, il se précipite, le cherche et trouve…son reflet dans le miroir.

Losey entretient continuellement l’ambigüité. Cet autre Klein existe-t-il ? Si oui, qui est-il, que veut-il ? En se posant ces questions, Klein-Delon se retrouve face à lui-même, face à son identité, face au regard des autres, qui change. Solidaire malgré lui de la cause juive, il trouve en l’autre un autre lui-même. « Je est un autre » disait Rimbaud. Par ce dédoublement, savamment entretenu par Losey, Robert Klein-Delon se trouve et s’identifie progressivement au malheur des juifs qui subissent quotidiennement les plus lourdes humiliations. Mais ce processus est long. Au cabaret, il faut la présence de Jeanine, sa maitresse, pour qu’il n’applaudisse pas au numéro antisémite qui rend la salle hilare. Petit à petit, Klein-Delon prend conscience de l’autre, de la souffrance de l’autre et de l’humanité des autres : il souffre à leur place et finit par prendre place dans la rafle du Vel d’Hiv, comme pour racheter ses fautes, comme pour racheter les fautes infinies de ces millions de gens à la complicité passive. « On se donne en se perdant » disait Mounier. Ici, Klein-Delon se perd en se donnant. Klein-Delon reconnait dans le visage de l’autre un autre lui-même et ne peut se dérober à cet appel. L’obtention des certificats par son avocat (Michel Lonsdale) prouvant qu’il est bel et bien un « bon » français n’y changera rien : l’appel de l’autre, de la responsabilité, est trop puissant.

Si le film frise quelques fois avec le fantastique pour créer le malaise, l’ambigüité du double, certaines scènes sont d’un réalisme glacial. La scène d’ouverture, ou la scène du cabaret où se joue une pièce antisémite, font vivre au spectateur du XXIème siècle l’aspect terrible d’une époque qui connait la banalité du mal. Personne ne semble concerné, la foule semble vouée à haïr. Seules quelques âmes pures, comme Jeanine, semblent se détacher clairement d’un temps où le pouvoir encourageait le mal, faisait le mal, se confondait avec le Mal. Tous les personnages sont ambigus, tortueux. Que ce soit Pierre, son ami avocat, qui l’aide à se défaire de la police mais semble vouloir profiter de son malheur en rachetant sa maison à bas prix, ou les châtelains angoissants dont fait partie Florence, la maitresse de Klein-bis, chacun semble hésitant et se fait ainsi complice du massacre. Losey ne filme ni les héros ni les bourreaux mais la masse importante des profiteurs, des indifférents, de ceux qui composent avec la réalité ou se mettent des œillères…le spectateur est ainsi renvoyé à ses petites lâchetés et s’identifie à la lutte que Klein-Delon engage petit à petit contre ceux qui l’entourent, contre son milieu, contre lui-même, pour tenter de sauver ce qu’il est encore possible de sauver : la dignité humaine.

Caché, de Michael Haneke (2005)

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Georges Laurent (Daniel Auteuil) est le présentateur d’une émission littéraire sur une chaîne de télévision publique. Il vit confortablement avec sa femme Anne (Juliette Binoche) et leur fils Pierrot dans une maison à l’angle de la rue Brillat-Savarin et de la rue des Iris, dans le 13ème arrondissement de Paris. Mais cette tranquillité va être troublée par l’envoi répété de cassettes qui filment les allées et venues de la famille, puis la maison d’enfance de Georges, laissant entendre que l’expéditeur est quelqu’un de très proche, un intime. Le malaise s’installe et Georges se trouve contraint de fouiller dans son passé et de se remémorer un acte odieux qu’il a commis à 6 ans : alors que ses parents désiraient adopter Majid (Maurice Bénichou), le fils de leurs domestiques algériens tués lors du massacre du 17 octobre 1961, Georges a tout fait pour empêcher cette adoption et a menti pour envoyer Majid dans un orphelinat. Il se convainc alors que Majid a décidé de se venger en exerçant une pression étouffante sur sa famille et la priver de la tranquillité à laquelle elle a droit. Mais Majid ne semble pas être l’expéditeur des cassettes et Georges se retrouve de plus en plus seul avec sa conscience…

Georges et Anne regardent, inquiets, la cassette qui vient de leur être envoyée. Une caméra posée, immobile, filme leur domicile pendant des heures. On voit Georges sortir, puis Anne. On les observe, leur quotidien est épié. De qui cet envoi pourrait-il procéder ? Est-ce une blague ? Pourquoi ? Que pourrait bien vouloir l’expéditeur ?

L’intrigue est ainsi plantée dès le générique et Haneke nous instille progressivement le malaise qui se diffuse dans un couple qui n’a apparemment rien à se reprocher. Les envois de cassette se répétant, Georges cherche une raison, un coupable, mais ne trouve aucune véritable réponse, aucune solution, aucune issue. Forcé à chercher dans son passé qu’il n’assume pas et qu’il cache même à sa femme, il est petit à petit obligé d’arrêter de dissimuler, de mentir, de se mentir, de faire comme si. La solidité de son couple, de sa famille, de ses amis, de son métier, va être éprouvée par l’irruption soudaine de ces cassettes, de ces dessins qui lui rappellent l’épisode douloureux de ses 6 ans. Ce regard inquisiteur, objectif, l’oblige à sortir de son indifférence, à s’ouvrir et à faire confiance. Lui qui vit dans une bulle est rappelé à la réalité, à l’irrémédiable conséquence d’un acte qu’il a commis alors qu’il n’était qu’un gosse certes jaloux mais insouciant..

Caché est un film sur la responsabilité. Chaque individu est responsable de l’histoire des autres et plus généralement de l’Histoire, car l’Histoire est faite par les hommes et qu’on ne peut être indifférent à ce qui nous entoure. Haneke montre que l’Histoire et son cortège de souffrances frappent quotidiennement à la porte, ou plutôt à l’écran, sans que cela ne dérange les destinataires : Georges reçoit les images mais travaille en même temps. Le torrent tragique des événements ne parvient pas à éclabousser sa vie, tant son monde est opaque, protégé par les digues de son indifférence.

Mais la caméra qui le filme, cet objectif sans sujet, cet œil impartial et froid qui note tout et n’oublie rien, constitue la brèche qui force Georges à s’ouvrir au monde. La béance du monde s’introduit dans la vie close et recluse d’un homme qui pourtant bénéficie d’une notoriété publique. Haneke se moque ainsi au passage de l’indifférence du petit monde de la culture qui disserte dans les cocktails sur la fin de l’Histoire alors qu’il est assailli quotidiennement par les images de la guerre en Irak. Mais son message est plus essentiel, plus profond. Avec la télévision, l’Histoire est partout mais la conscience nulle part. Georges Laurent est un individu déchiré, qui devrait se sentir concerné du fait de son lien direct avec un épisode tragique, mais il se mure dans le déni. Il cherche un coupable, tente de comprendre cette chasse à l’homme mais refuse de voir qu’il s’agit là de sa conscience qui l’interpelle. Les cassettes que Georges reçoit, ce sont les témoignages d’une conscience qui refait surface et qui lui indique qu’il ne peut échapper à la responsabilité, à la nécessité d’avoir à répondre de ses actes. A travers Georges, Haneke somme l’individu à comparaître devant le tribunal de sa conscience et le met face à ses responsabilités. Il filme avec maestria le malaise qui s’instaure chez Georges et se diffuse progressivement dans le couple. Georges, qui a toujours été secret, dissimulateur, menteur, est obligé de se dévoiler à lui-même et aux autres. Il est obligé de se découvrir, de faire confiance, de donner pour recevoir. Il ne peut plus porter seul un fardeau trop lourd sans offusquer ceux qui l’aiment et demandent sa confiance car ils sont interpellés en retour par sa souffrance. La caméra qui filme sans sourciller le quotidien de Georges est l’œil de Caïn, le monde, les autres. « Le moi, devant autrui, est infiniment responsable » disait Lévinas. Haneke illustre à merveille cette maxime. Si Georges semble rester froid face à la mort de Majid et refuse d’admettre sa responsabilité dans son suicide, s’il tente désespérément d’échapper à cet appel qui pourtant le pourchasse, quitte à provoquer volontairement le sommeil en prenant des somnifères, il ne sera jamais tranquille. Car, comme la fin le suggère, le fils de Majid raconte toute l’histoire à Pierrot, le fils de Georges, et entretient ainsi la chaîne ininterrompue de la responsabilité.

Caché est un film magnifique qui obtiendra le Prix de la mise en scène à Cannes en 2005. Daniel Auteuil est époustouflant dans son jeu où se révèlent toutes les nuances d’un être déchiré, secret, qui est forcé de sortir de lui-même. Si l’action est peu présente, les plans sont intenses et les silences éloquents. Le spectateur se sent directement concerné tant Haneke parvient à filmer justement les travers et les petites lâchetés du quotidien, quand l’autre nous interpelle, toque à la porte, mais que nous refusons d’ouvrir, de voir, de donner. Quand nous désirons nous cacher…