La souveraineté n’est pas l’identité : l’exemple du Québec

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La France a perdu le Québec (anciennement Canada), principale province de la Nouvelle France, par la signature d’un des traités les plus douloureux de son histoire, le traité de Paris (1763).

Le traité de Paris met fin à la guerre de sept ans entre la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal. La France se voit dépossédée au profit de l’Angleterre de Minorque en Europe, de l’Île Royale, l’Isle Saint-Jean, l’Acadie et surtout du Canada en Amérique. Elle obtiendra en échange Saint-Pierre et Miquelon et recouvrera ses droits sur ses comptoirs indiens mais le traité entérine de fait le renoncement par la France de son ambition sur le monde et laisse les Anglais maîtres absolus sur mer.

Le Québec, abandonné à la souveraineté anglaise, a néanmoins fortement conservé ses traditions et sa langue d’origine, le français. Aujourd’hui, près de 250 ans après le retrait de la France, le Québec est une province francophone du Canada dont la langue officielle est le français. Parmi ses 8 millions d’habitants, 80% d’entre eux ont comme langue maternelle le français (contre à peine 8% pour l’anglais). Ainsi, non seulement la perte de souveraineté québécoise au profit des anglais n’a pas entraîné la perte de son identité française, mais dans une certaine mesure nous pouvons affirmer qu’elle l’a renforcée.

La souveraineté ne doit donc pas être confondue avec l’identité. Affirmer que la France se confond avec son Etat ou avec son régime politique reviendrait à dire qu’une délégation de souveraineté altérerait l’identité française. L’exemple du Québec nous prouve que non. Si nous voulons que la France redevienne fière d’elle-même, il ne faut pas l’enfermer dans le carcan de son passé. Le malaise français actuel vient du fait que le pouvoir se situe de moins en moins au niveau de l’Etat, alors qu’on entretient en France l’illusion que tout se décide au niveau de l’Elysée. Beaucoup de bruit médiatique pour rien au niveau politique explique le mécontentement des français.

Soyons lucides et assumons enfin que la France seule, que les pays européens seuls ne peuvent plus répondre à la Chine, à l’Inde, aux Etats-Unis et que les défis que nous pose la mondialisation ne peuvent être résolus qu’à l’échelle continentale. Assumons la délégation du pouvoir au niveau supra-étatique et tâchons de construire une Europe qui soit la plus démocratique possible.

La France ne s’en portera que mieux : c’est en construisant l’Histoire et non en la regardant défiler sous nos yeux que nous nous retrouverons !

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